À LA UNEpolitique

Macron en visite en Chine

Le président français Emmanuel Macron se rend en Chine pour une visite de deux jours, du 8 au 10 janvier 2018, sur invitation de son homologue chinois Xi Jinping.

A cette occasion, Anadolu s’est penché sur les relations entre les deux pays afin d’expliciter les enjeux de cette rencontre de haut rang.

Le premier voyage officiel d’Emmanuel Macron pour l’année 2018 est porteur d’importantes significations. Le chef de l’Etat doit rencontrer Xi Jinping dans le cadre d’une visite fondamentale qui pourrait constituer un renouveau dans les liens entre la Chine et la France et même l’Europe, notamment au niveau commercial.

En effet, comme le rappelle le journal Le Monde, l’Union Européenne est le « premier partenaire commercial de la Chine, avec un volume des échanges dépassant 1,4 milliard d’euros par jour ». Clairement, la Chine fait de l’Europe un axe fondamental dans ses échanges au niveau mondial.

Le président chinois Xi Jinping avait d’ailleurs commencé à travailler sur cet axe depuis 2013, pour la mise en œuvre d’un projet d’envergure intitulé « les nouvelles routes de la soie ».

Il s’agit de créer de nouvelles infrastructures en ressuscitant la « route de la soie » qui permettait, jadis, de faire transiter, à dos de chameau, des produits de l’empire chinois vers l’Europe.

« C’est le plus important dossier des relations internationales des années à venir et le plus important de la visite d’Emmanuel Macron », à partir de lundi en Chine, note Barthélemy Courmont, spécialiste de l’Asie à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) fondé et dirigé par Pascal Boniface.

Le chantier colossal prévoit notamment la création de nombreux axes de transit, à savoir des routes, des lignes de chemins de fer, et des ports dans 65 pays, pour plus de 1000 milliards de dollars d’investissements.

Alice Ekman, chargée de la Chine à l’Institut français des relations internationales (IFRI), estime que « pour le gouvernement chinois, c’est à la fois un projet de diplomatie économique, de communication et de gouvernance mondiale ».

 

Si, dans une partie de l’Euope centrale et de l’Est, c’est l’enthousiasme qui prime, pour certains pays d’Europe de l’Ouest comme la France et l’Allemagne, « les nouvelles routes de la soie », suscitent quelques inquiétudes, notamment sur les ambitions hégémoniques de la Chine.

Selon Alice Ekman, « la France et l’Allemagne, font preuve de prudence. Ils s’interrogent notamment sur les conséquences géostratégiques de ce projet sur le long terme ».

Le ministre allemand des Affaires étrangères Allemand Sigmar Gabriel avait, d’ailleurs, mis en garde en août dernier en expliquant que : « si nous n’élaborons pas une stratégie face à la Chine, elle réussira à diviser l’Europe », tandis que de son homologue français Jean-Yves Le Drian expliquait, jeudi, dans la presse française que « l’intention de la France n’est pas de barrer la route à la Chine ».

D’un point de vue national, et comme le rappelle le journal Les Echos : « C’est avec la Chine que la France réalise son plus gros déficit (30 milliards d’euros) ».

Il explique, également, que « les échanges entre la France et la Chine restent très déséquilibrés, la Chine constituant son premier déficit commercial ».

Du côté de l’agro-alimentaire, en revanche, d’après les chiffres officiels, les exportations françaises vers la Chine ont augmenté de 23% sur les dix premiers mois de 2017 par rapport à l’année 2016.
Le journal Les Echos souligne que grâce à cette remontée spectaculaire, la Chine revient au 7ème rang des exportations de la France.

S’agissant des importations, les douanes françaises estiment que « malgré la volonté affichée des autorités chinoises de favoriser la montée en gamme de son industrie, les importations françaises depuis la Chine demeurent majoritairement constituées de produits à faible valeur ajoutée locale ».

Le développement des relations entre la Chine et la France est parfaitement illustré par l’implantation en Chine de 1100 entreprises françaises employant 600000 personnes d’après un décompte officiel, relayé par les Echos.

La France est, donc, le premier employeur européen en Chine grâce notamment aux enseignes Carrefour, Auchan ou encore Décathlon.

Cette visite officielle en Chine du président Macron permettra, donc, aux deux pays de pouvoir renforcer et rééquilibrer leurs relations, autant sur le plan économique qu’industriel et de renforcer les liens diplomatiques entre les deux puissances, membres éminemment importants du Conseil de sécurité de l’ONU.

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close