Faits divers

France: Un épicier considéré «Halal» poursuivi en justice

Le tribunal de Nanterre (région parisienne) examine, lundi, une plainte d’un organisme de bailleurs sociaux rattaché à la mairie de Colombes (Nord-ouest de Paris). Cet examen permettra de trancher si vendre de l’alcool et des aliments à base de porc fait partie ou non des obligations d’un commerce classé : «Alimentation générale».

Selon les propos recueillis par le correspondant d’ LPM News, auprès des habitants de Colombes, le maire de la ville avait décidé de porter plainte en août 2016, contre un commerce de proximité, locataire d’un local appartenant à la mairie, en arguant qu’il ne respecterait pas les obligations de son bail.

Le commerçant est accusé de « ne pas vendre de l’alcool et des aliments à base de porc », qui seraient une condition incontournable d’un commerce classé dans la catégorie : «Alimentation générale».

Selon des médias français, l’avocat du bailleur aurait déclaré que «96% des produits présents dans le commerce seraient Halal».

Or, l’avocat du commerçant conteste cette version. «Ces chiffres sont fantaisistes en dressant une liste de produits non halal notamment des bonbons à base de gélatine»., a-t-il dit.

Un des clients du magasin a fait savoir au correspondant d’LPM News: «Je ne comprends pas cette polémique. C’est tellement difficile de nos jours de trouver un commerce de proximité. On trouve presque tout ce qu’on veut. Il n’y a pas seulement des produits Halal. D’ailleurs, certains produits ne sont pas concernés par le Halal comme le riz, le lait, etc. Alors, l’attitude de la mairie est incompréhensible».

 

«C’est normal qu’un commerce vend ce qu’il peut écouler le plus. Il ne va pas vendre des produits qui ne se vendent pas», défend un autre client. Il comprend que le commerçant ne veut pas stocker, car «cela coûte cher».

Pour autant, une autre cliente du magasin aurait souhaité «pouvoir acheter du porc aussi», dit-elle au correspondant d’LPM News.

Le risque pour le commerçant est de voir sa clientèle habituelle partir si l’alcool est vendu par le magasin. Alors, le choix se porte sur une gamme qu’il pourrait le mieux vendre.

Depuis quelques années, des centaines de magasins de proximité ont fermé, faute de clients. En 2015, le journal le Monde rapportait que dans les villes moyennes, 10% des commerces de proximité étaient vides et que le gouvernement allait mettre en place une enveloppe d’aide.

Depuis, la polémique n’a jamais cessé et les commerces dits « Halal » sont accusés d’être les seuls dans ce secteur.

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