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Macron ne veut « pas donner de leçons » sur les droits de l’Homme à Al-Sissi

Le président français Emmanuel Macron a déclaré mardi qu’il ne voulait « pas donner de leçons » sur les droits de l’Homme au président égyptien Abdel Fattah Sissi, qu’il a rencontré, pour la première fois à l’Elysée, à l’occasion d’une visite officielle.

Répondant à une question d’un journaliste concernant les droits de l’Homme en Egypte, à l’occasion d’une conférence de presse animée conjointement avec Al-Sissi, Macron a déclaré, que « de la même manière que je n’accepte pas qu’on me donne des leçons sur la manière dont je dois gouverner, je n’en donne pas aux autres ».

« Il s’agit de ne pas donner des leçons hors de tout contexte » et « je suis conscient du contexte sécuritaire » auquel fait face le président égyptien, qui « a un défi, la stabilité de son pays » et « la lutte contre le fondamentalisme religieux », a insisté le président français.

La lutte contre le terrorisme a pris une place cruciale dans les discussions entre les deux chefs d’Etat.

 

Emmanuel Macron a dans un premier temps déclaré s’être entendu avec Al-Sissi concernant la Lybie « et la volonté d’accompagner la feuille de route établie par l’ONU ».

S’exprimant ensuite sur la Syrie, le président français a expliqué vouloir « agir de concert pour la stabilité de la Syrie, la reconstruction et la paix » avant d’ajouter que « la reconstruction doit se faire avec un travail collectif ne permettant pas aux groupes terroristes de se réimplanter ».

Il s’agit de la première rencontre officielle entre les deux chefs d’état. Une visite qui a fait grand bruit notamment auprès des organisations non gouvernementales internationales.

Depuis l’annonce de l’arrivée d’Al-Sissi en France, de nombreuses ONG dont HRW et Amnesty International sont en effet montées au créneau pour demander à Emmanuel Macron de mettre fin à la « scandaleuse complaisance à l’égard d’un gouvernement répressif », avait rapporté lundi « Europe 1 ».

L’ONG accuse notamment Al-Sissi d’être « à l’origine de la pire crise des droits humains qu’ait connu l’Egypte depuis des décennies » avant d’ajouter dans un communiqué cité par le journal « Le Monde » que « prétendre que la question des droits humains est évoquée dans les discussions tout en persistant à ne pas agir serait comme mettre sous le tapis les revendications et la souffrance des Égyptiens».

Pour rappel, le président Abdelfatah Al-Sissi était arrivé au pouvoir en 2013 après avoir renversé le président démocratiquement élu, Mohamed Morsi. Le régime a depuis, usé de répression pour combattre toute forme de contestation, s’en prenant dans un premier temps aux Frères Musulmans, aux médias puis à l’ensemble de l’opposition.

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