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Vendredi 13 : une superstition symbole de malchance… et de chance

 VENDREDI 13 OCTOBRE 2017 – Le vendredi 13, béni ou maudit ? Avec cette date pas banale du calendrier, on oscille entre coups de chance incroyables et catastrophes étranges. 

La croyance qui associe le vendredi 13 au malheur serait d’abord biblique. Selon le Nouveau Testament, au cours de la Cène (dernier repas du Christ), 13 participants siégeaient autour de la table : Jésus-Christ et ses 12 apôtres. L’Evangile de Matthieu cite toutes les personnes présentes : « Simon, appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote (ou le Cananite), et Judas l’Iscariote, celui qui livra Jésus ».

Judas et le Vendredi 13 indissociables

Judas est souvent présenté comme le 13e convive, celui qui a tout fait basculer. La peur du vendredi 13 repose-t-elle également sur le fait que le Christ a été crucifié un vendredi, qui deviendra le « Vendredi saint » lors de la semaine de Pâques ?

la cène.

 

La crainte du vendredi 13 tirerait également ses racines d’antiques mythes nordiques.

Vendredi 13 et mort du Dieu Balder

la punition de loki.
La punition de Loki. © Gravure du XIXe siècle

Le chiffre 13 a aussi une connotation négative dans la mythologie nordique. Odin, dieu des guerriers, avait un jour, selon la légende, réuni onze de ses amis dieux pour un diner, dans sa demeure de Valhalla. Loki, dieu de la guerre et du mal, vexé de ne pas être de la fête, décida de s’inviter malgré tout. Seulement, ce treizième invité surprise n’était pas le bienvenu. Le fils d’Odin, le beau Balder, dieu de l’amour et de la lumière, tenta de chasser l’intrus. Une bataille éclata entre les deux dieux qui se vouaient une haine depuis toujours. Loki, dieu jaloux et malveillant, lui décocha une flèche empoisonnée en plein coeur, abattant Balder le « bien aimé ». Depuis cette légende, dans les pays scandinaves, le chiffre 13 est considéré comme maudit et être 13 à table porterait malheur.

 

Frigga ou la diabolisation des croyances païennes

freyja dans son char.
Freyja dans son char. ©  Tableau de Nils Blommér

Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot « friday », vendredi en anglais, viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter de mauvais sorts.

vénus de milo
Vénus de Milo © Musée du Louvre

Le 13 est-il un destructeur d’harmonie ? Les Grecs et les Romains donnent eux-aussi à ce nombre une connotation négative. Ces deux mythologies, qui comportent de grandes similitudes, associent toutes deux le chiffre 12 à la régularité et la perfection. Ainsi, il y a 12 dieux olympiens, 12 constellations, 12 signes du zodiaque, 12 heures du jour et de la nuit.

Vendredi 13 et l’opposition au chiffre 12

Le nombre 13, qui implique d’ajouter une unité au 12 parfait, vient rompre ce cycle régulier et introduit le désordre. Détruisant l’harmonie, il est synonyme de malheur. Pour ce qui est du vendredi, il est associé aux événements malheureux puisque c’est ce jour-là, dans la Rome antique, que se déroulent généralement les exécutions des condamnés à mort

Plusieurs démonstrations mathématiques ont prouvé que toute année comporte, au minimum, un vendredi 13 et, au maximum, trois vendredis 13. Par ailleurs, deux mois consécutifs peuvent comporter chacun un vendredi 13 : cela a été le cas en 1998 (vendredi 13 février et vendredi 13 mars).

La distribution du vendredi 13 dans le calendrier

Plusieurs mathématiciens se sontpenchés sur la fréquence à laquelle tombaient les vendredis 13. Dean Huffman, de l’Université du Texas, a ainsi montré qu’il y avait 7 intervalles de jours possibles sans aucun vendredi 13 : 27, 90, 181, 244, 272, 335 ou encore 426 jours (à cheval sur deux ans). Il faut remonter aux périodes du 13 juillet 1990 au 13 septembre 1991 et du 13 août 1999 au 13 octobre 2000 pour trouver ces intervalles bénis (ou pas), sans aucun vendredi 13. Il semblerait, par ailleurs, que le 13 du mois aurait légèrement plus de chances de tomber sur un vendredi que sur n’importe quel autre jour de la semaine. Ce serait l’adoption du calendrier grégorien, adopté, coïncidence troublante, par Grégoire XIII, qui serait responsable de cette prédominance du vendredi 13.

 

Le vendredi 13 a généré sa propre phobie et elle porte un nom étonnant : la paraskevidékatriaphobie, forme de triskaïdékaphobie ou peur irraisonnée du nombre 13. Certaines pratiques comme les mariages, les naissances ou la navigation sont évitées en Occident les 13 du mois. Dans de nombreuses villes, il n’y a pas d’habitations portant le n°13. Les grands immeubles, également, évitent de nommer le 13e étage (qui devient un 12 bis ou un 14 a) et certains hôtels n’ont pas de chambre 13 pour éviter d’y loger un client superstitieux.

le vendredi 13 a aussi ses phobiques.
Le vendredi 13 a aussi ses phobiques. © Laurent Hamels – Fotolia
Quelques triskaïdékaphobes
Les vendredis 13, les paraskevidékatriaphobes ne vont pas travailler, ne partent pas en voyage, ne font pas leurs courses, bref, ne sortent pas de chez eux. Un économiste américain a d’ailleurs relevé l’impact économique des vendredis 13 : ces jours-là connaissent en effet une baisse importante de la consommation.

Les pilotes de formule 1 ont peur du chiffre 13 depuis la mort de 2 pilotes portant ce numéro en 1926. Ce chiffre n’est jamais porté dans cette discipline sauf si le pilote en fait la demande. Stephen King a également fait l’aveu de cette phobie qui l’empêche de lire les pages 13 des livres.

15 % des européens ont peur du vendredi 13
A l’approche du vendredi 13 janvier 2017, le site Lastminute.com s’est amusé à sonder les superstitions des Européens. Résultat : ils étaient 15 % à craindre ce jour particulier sur le Vieux continent. Soit presque autant que ceux qui redoutaient de « casser un miroir » (21 %), de « passer sous une échelle » (20 %) ou d' »ouvrir un parapluie à l’intérieur » (17 %). Et davantage que les peureux de la salière, puisque les Européens sont quand même 15 % à être superstitieux quant au fait de renverser du sel. Pour autant, les Français restent un peu moins superstitieux que la moyenne de l’Europe, établie à 55 % : 52 % d’entre nous accordons une importance aux superstitions, contre 60 % pour les Espagnols ou encore 58 % chez les Italiens…

Il est aussi récent que tristement célèbre. Le vendredi 13 novembre 2015 correspond à la date de l’attentat de Paris. En réalité une vague d’attentats coordonnés frappant plusieurs lieux de la capitale. Dans les rues de Paris, à la terrasse de plusieurs cafés, au sein de la salle de spectacle du Bataclan, mais aussi au Stade de France, alors que le match France-Allemagne avait lieu en amical, plusieurs commandos se revendiquant de l’Etat islamique ont usé de fusils automatiques et de ceintures d’explosifs, tuant 130 personnes au total.

Vendredi noir pour les Templiers
le bûcher des templiers
Le bûcher des Templiers © DR
En remontant les siècles, on retrouve d’autres vendredis 13 tragiques. En octobre 1307, tous les baillis et prévôts de France reçoivent une ordonnance cachetée du roi Philippe le Bel, avec ordre de ne l’ouvrir que le vendredi 13. Le pli leur demande d’arrêter tous les Templiers de France. Le jour même, 2 000 Templiers sont arrêtés simultanément par les sénéchaux (gardes du roi) et les baillis du royaume. Ils sont interrogés sous la torture avant d’être remis aux inquisiteurs dominicains. Parmi les 140 Templiers de Paris, 54 sont brûlés après avoir avoué des crimes hérétiques, tels que cracher sur la croix ou pratiquer des baisers impudiques.

Vendredi 13 octobre 1972 : crash dans les Andes
Le plus célèbre crash advenu un vendredi 13 est le vol T-571 qui s’est écrasé dans les Andes en 1972. Le vendredi 13 octobre, l’avion décolle de Montevideo et fait route vers Santiago au Chili, transportant l’équipe de rugby Old Christians. Mais l’avion, qui percute un pic andin, s’écrase dans les montagnes à plus de 12 000 pieds. Les survivants, qui ne seront retrouvés que 2 mois plus tard, ont dû recourir au cannibalisme pour rester en vie. Au total, 29 des 45 personnes à bord ont été tuées, dont 5 passagers morts dans une avalanche le 30 octobre 1972.

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