Faut-il abattre un cheval victime d’une fracture ?

Il n’est pas rare de devoir euthanasier un cheval victime d’une fracture. Mais pourquoi est-ce la seule solution ? Voici les explications d’une vétérinaire

Alors qu’il était le grand favori de la course, le cheval nommé Gold Fun s’est écroulé dans l’herbe de l’hippodrome de la Touques, à Deauville le dimanche 7 août 2016. Si le jockey, Christophe Soumillon, est sorti indemne de cette chute à 60 km/h ce ne fut pas le cas de sa monture. Victime d’une double fracture, l’animal a été immédiatement euthanasié par les vétérinaires afin d’abréger au plus vite ses souffrances. N’y avait-il aucun moyen de le soigner ?

Pourquoi les chevaux victimes de blessures aux membres sont-ils  souvent condamnés ? Pour répondre à ces questions, Sciences et Avenir a interrogé le docteur Valérie Picandet, du Centre hospitalier vétérinaire équin de Livet. Selon la vétérinaire, une blessure chez un cheval n’est jamais simple à soigner : « Malheureusement, les fractures des membres chez le cheval sont loin d’être bénignes à cause du poids de l’animal. De plus, il est très dur de réduire la fracture, c’est-à-dire replacer les os les uns par rapport aux autres, encore une fois, à cause du gabarit de l’animal« .

Un cheval peut peser jusqu’à une tonne. Simplement déplacer un cheval blessé peut s’avérer dangereux, pour lui comme pour les soignants. « Ensuite il faut pouvoir fixer la fracture et pour cela, les vétérinaires utilisent le même matériel que pour les humains. Il n’existe pas de plus grosses plaques ni de plus grosses vis« .

Une fois opéré, rien n’est gagné pour le cheval

Une fois opéré, le cheval n’est pas sorti d’affaire. En effet, la plaque utilisée peut se rompre. Suivant l’état de santé de l’animal après ce malheureux événement, les soins peuvent se poursuivre… ou non. De même, une nouvelle fracture peut se produire lorsque le cheval reprend appui à cause du poids de son corps. Il ne peut pas non plus se reposer sur ses autres membres au risque d’être victime d’une fourbure sur ces derniers, c’est-à-dire d’une inflammation extrêmement grave qui peut également conduire à la mort de l’animal. Et si le cheval restait allongé ? Impossible : « Ces animaux ne peuvent pas rester couchés, les chevaux ne sont vraiment pas fait pour ça. Cela peut conduire à de graves problèmes de vascularisation ou à des escarres (frottements aboutissant à la nécrose locale de la peau, ici causée par la position allongée) ». Néanmoins, certaines fractures où les os sont généralement peu déplacés peuvent être soignées. C’est le cas du paturon et du canon, deux os s’apparentant à peu près au poignet chez l’homme.

 

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