Mark zuckerberg : Le nouveau Dictateur 2.0

Si vous pensiez détester votre travail, plongez-vous un instant dans le monde des modérateurs Facebook. Ceux-là sont confrontés au torrent d’immondice et de violence déversé par environ deux milliards d’utilisateurs. En moyenne, ils ont dix secondes pour choisir de bloquer ou de laisser filer un contenu. Peu de place est laissée à la réflexion, encore moins au libre-arbitre. Mais bon, pas besoin, puisque c’est Facebook qui dicte les règles.

La misogynie ça va, les menaces de mort contre Trump, c’est non

La violence envers les enfants est acceptable tant qu’elle n’est pas sexuelle ni encouragée. Et la vidéo d’un meurtre, d’un suicide en direct ou d’une mort violente n’est pas supprimée si elle « peut mener à une prise de conscience ».

En termes d’incitation à la violence , que Facebook se targue de combattre ,  on apprend également au fil des révélations du Guardian que le réseau autorise la publication d’un statut comme : « Pour briser le cou d’une conne, faites bien attention à appuyer au milieu de sa gorge », mais supprime automatiquement un : « Que quelqu’un tue Trump ». Du coup, le quotidien anglais se demande si le réseau n’est pas devenu « une tribune pour la misogynie et le racisme ».

Facebook préfère dire qu’il fait la différence entre une incitation à la violence contre une cible donnée et une déclaration violente générique. Lorsqu’on l’attaque sur la manière dont elle régit son réseau, l’entreprise s’élève en grande défenseure de la liberté d’expression : « Les utilisateurs emploient un langage violent pour exprimer une frustration et doivent se sentir libre de le faire sur Facebook »

Coopération avec les gouvernements

Le 14 mars dernier, Facebook a officiellement interdit aux développeurs de logiciels de créer des outils de surveillance à partir de ses données. La polémique faisait rage, depuis que l’on avait appris que Facebook et Twitter fournissaient indirectement à la police les informations de géolocalisation de certains utilisateurs, notamment pendant les émeutes de Ferguson et Baltimore. Il aura fallu plus de trois ans, depuis la mort de Michael Brown à Ferguson, et une bataille sans relâche des associations, pour qu’officiellement le réseau prenne cette mesure.

Officiellement, bien sûr, puisqu’officieusement, les révélations d’Edward Snowden ont largement contribué à montrer la collaboration entre les GAFA et le gouvernement américain. Notamment avec XKeyscore, cette interface de recherche qui permet de naviguer dans l’historique complet d’un utilisateur, de sa localisation à ses conversations « privées » sur Facebook.

Même Facebook le dit, dans son rapport sur la transparence , les gouvernements font de plus en plus de demandes de censure. Parfois à bon escient, comme la photographie du Bataclan après le 13 novembre, supprimée près de 35 000 fois à la demande de la France. Parfois pour des raisons plus polémiques.

Par exemple, la collaboration entre Facebook et le gouvernement Israélien, qui, sous couvert de lutter contre le terrorisme et l’incitation à la violence, risque de faire disparaitre de la plateforme les nombreuses vidéos opposant des Palestiniens à l’armée israélienne, comme l’expliquait récemment The Intercept.

Alors qu’on prête des velléités présidentielles à Mark Zuckerberg, aucun de ces aspects n’est très rassurant. Le plus alarmant est probablement le calme complet dans lequel on offre à Facebook nos données, qu’il collecte, traite et revend dans un silence de plomb. Car oui, dans les conditions d’utilisation qu’on a tous eu la flemme de lire, on a donné à Facebook tout ce qu’on possède sur la plateforme. Les autocrates osent à peine rêver d’une telle docilité de leur population, Zuckerberg l’a fait.

Marc Zuckerberg, le fondateur et patron de Facebook, poste comme tout un chacun ses opinions, ses photos de famille et ses humeurs sur la page de son profil sur le réseau social qui compte 1,79 milliard d’abonnés actifs. Mais contrairement au commun des mortels, Zuckerberg dispose d’une immunité contre le fait d’être «bloqué», comme s’en est aperçu le site Gizmodo.

Sur Facebook, vous pouvez bloquer des grandes stars mondiales, ou même Barack Obama, mais pas «Zuck», qui est intouchable. «Bloquer» un utilisateur sur Facebook permet de ne plus voir ses publications et l’empêche de vous «tagguer», c’est à dire de vous interpeler sur le réseau. Certains internautes se sont posé la question de son blocage dans la mesure où Zuckerberg aime utiliser Facebook et montrer qu’il est un abonné comme les autres.

Quelque part, cette démarche est une obligation commerciale pour le fondateur, souvent critiqué pour la manière dont le réseau récupère des données sur ses utilisateurs et les incite à exposer leur intimité sans aucun filtre.

 

Une Québécoise, Sylvie Valiquette, a lancé une pétition pour que Facebook cesse de pénaliser les gens qui font trop de demandes d’ami à des gens qu’ils ne connaissent pas.

Voici le texte de sa pétition

Pétition refus d’être Bloqué pour une DA

En tant que membres de votre réseau social, nous estimons que nous devons avoir le droit d’être entendus.
… Nous réagissons ici contre des avertissements et des blocages abusifs, sous des prétextes fallacieux, dont le plus fréquent est le suivant: « demande en ami d’une personne que nous ne connaissons pas personnellement ».

Rien légalement ne nous interdit d’envoyer une demande en ami, étant donné que la personne demandée est libre d’accepter ou de refuser notre demande, et a la possibilité de paramétrer son compte pour ne pas en recevoir.

Rien dans la vie courante ne nous empêche d’adresser la parole à un inconnu dans la rue, tant que l’on est poli, courtois et non insistant si l’on voit que la personne ne souhaite pas engager de conversation.

Faudrait-il pas plus se pencher sur ceux qui piratent les comptes, qui publient des obscénités et de la pornographie hard, qui publient des propos antisémites, etc. Mais qu’ils arrêtent de s’en prendre à d’honnêtes citoyens qui ne font rien de mal, sans compter que pour la plupart d’entre nous, leurs blocages ne sont pas justifiés.

Comptant sur votre compréhension !

Lorsqu’un bon nombre de personnes auront signé la pétition, je la ferai parvenir à Facebook

Signer la pétition

 

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