Disparition de Rachel Corrie…14 ans après : Le combat continue

Mars 2003. La militante américaine des droits de l’Homme, Rachel Corrie, s’est dressée, les mains nues et désarmée, face à un bulldozer de l’armée israélienne pour protester contre la démolition de maisons de Palestiniens à Gaza. Rachel a trouvé la mort sous les chenilles de l’outil de guerre pour devenir l’icône de la solidarité mondiale avec les Palestiniens.

Née le 10 avril 1979 dans la ville d’Olympia à Washington, Rachel a consacré sa vie à la défense des droits des Palestiniens. Elle a rallié la Bande de Gaza dans le cadre du Mouvement mondial de solidarité en 2003.

Corrie était réputée pour sa défense acharnée des droits des Palestiniens et de la reconnaissance de leur Etat, son amour pour la paix. La militante a publié de nombreux messages qui illustrent les violations israéliennes.

Le 16 mars 2003, Rachel Corrie a mis son manteau orange et a avancé vers un des bulldozers israéliens tenant à la main un mégaphone interposant sa frêle silhouette dans une tentative de s’opposer à la démolition de la maison d’un citoyen palestinien dans le quartier « Essalem » (Paix) de la ville de Rafah (Sud de la Bande de Gaza).

Les habitants de la Bande de Gaza ont accueilli la nouvelle de la mort de la militante avec stupeur, dès lors qu’il s’agit d’une citoyenne américaine, et d’une activiste pour la paix. C’est ainsi qu’ils lui ont donné le titre de « martyre ». Une cérémonie funéraire imposante a été organisée en son honneur.

Le nom de Rachel Corrie a été attribué à un bateau d’aides irlandais qui s’est dirigé vers la Bande de Gaza. De même que plusieurs films qui portent son nom ont fait la lumière sur la souffrance qu’endurent les Palestiniens dans la Bande de Gaza.

Corrie pensait que ses traits physiques d’étrangère et sa peau blanche la sauveraient des crocs du bulldozer. Pourtant, elle fut dévorée par la gueule de la faucheuse en quelques minutes après que le conducteur de l’engin militaire l’ait délibérément écrasée, selon le Centre palestinien des droits de l’Homme qui citait des personnes accompagnant Corrie au moment de l’accident.

La famille de la défunte a déposé plainte contre Tel-Aviv. Cependant, un tribunal israélien a débouté la famille, et l’assassin a été innocenté en 2013. La Cour a conclu « qu’aucune négligence n’a été commise par le conducteur de l’engin et qu’il ne l’a pas vue avant de la heurter ».

Dans l’un des derniers courriers adressés à sa famille peu avant sa mort tragique, Rachel écrivait : « Je pense qu’aucun travail académique, aucune lecture, aucune participation à des conférences ni même le visionnage de documentaires ou l’écoute d’histoires ou de romans, ne m’auraient permis de saisir la réalité de ce qui se passe ici. Vous ne pouvez imaginer cela si vous ne le constatez pas de votre propre chef. Même après cela, tu réfléchis à longueur de temps si ton expérience reflète la réalité ? ».

Le président de l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’Homme Rami Abda a indiqué que « le message de la militante Rachel Corrie est resté vivant durant les années précédentes et elle a réussi à le transmettre au monde entier à travers les pratiques israéliennes de tueries à l’encontre du peuple palestinien désarmé ».

Dans une déclaration faite à Anadolu, Rami Abda a ajouté que la militante Corrie a mis à nu les pratiques d’Israël qui viole impunément les droits de l’Homme ».

« L’affaire Corrie est un modèle qui montre qu’Israël fait peu de cas des appels lancés par la Communauté internationale pour mettre un terme à ses violations répétitives », a conclu Rami Abda.

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