CNN : les Russes détiendraient des informations compromettantes sur Trump

Les responsables du renseignement américain auraient informé Donald Trump dans un rapport confidentiel que les agents du Kremlin possédaient des informations personnelles et financières à son sujet susceptibles de le discréditer. Il dénonce une «chasse aux sorcières».

De notre correspondant à Washington,

Lorsqu’ils lui ont présenté vendredi dernier leur rapport confidentiel sur les interférences russes dans la campagne présidentielle, les responsables du renseignement américain auraient informé Donald Trump que les agents du Kremlin possédaient des «informations compromettantes, personnelles et financières» à son sujet, affirme CNN. L’assertion figurerait dans un addendum de deux pages remis parallèlement à Barack Obama.

Cette allégation proviendrait d’un ancien agent du MI6 britannique, jugé crédible en raison de ses «vastes réseaux» de contacts à travers l’Europe. Celui-ci s’en serait ouvert auprès du FBI dès l’été. La police fédérale aurait attendu de vérifier la fiabilité de ses sources pour inclure l’information dans le rapport sur les piratages russes. Les agences américaines n’auraient pas, à ce stade, vérifié la substance de l’addendum de manière indépendante.

Un ex-ambassadeur britannique aurait cependant eu lui aussi accès aux mêmes informations, par d’autres voies. Il les aurait transmises directement au sénateur John McCain, président de la Commission de la défense du Sénat, qui s’en serait ouvert auprès du directeur du FBI, James Comey, cosignataire du rapport.

Une activité informatique suspecte identifiée

CNN affirme également que, selon l’addendum secret, des personnes liées à Donald Trump auraient communiqué régulièrement avec des proches du Kremlin durant la campagne. Des experts du piratage informatique avaient déjà identifié une activité suspecte entre un serveur du groupe Trump et une adresse e-mail russe fonctionnant en circuit fermé.

Pour les responsables du renseignement, le fait que les Russes n’aient pas diffusé les éléments «compromettants» en leur possession confirmerait leur analyse selon laquelle le Kremlin a tenté de favoriser l’élection de Donald Trump au détriment de Hillary Clinton.

Le président élu ne manquera pas d’être interrogé sur ces nouveaux éléments lors de la conférence de presse qu’il doit tenir ce mercredi, la première du genre depuis juillet. Il a jusqu’ici mis en doute ou minimisé la responsabilité de la Russie dans les piratages, soucieux que rien ne puisse entamer la légitimité de sa victoire.

Si elles sont avérées, ces révélations ne manqueront pas de relancer les soupçons sur les raisons du penchant prorusse de Trump. De nombreux démocrates, mais aussi d’importants élus républicains comme John McCain, le soupçonnent à mots couverts d’être une «marionnette» de Moscou. À l’été, Michael Morell, ancien directeur de la CIA, l’avait quasiment accusé dans le New York Times d’être un «candidat mandchourien»: «Dans le milieu du renseignement, nous dirions que M. Trump a été recruté comme un agent russe qui s’ignore».

Le président élu a réagi, dénonçant sur Twitter de «fausses informations» et une «chasse aux sorcières».

«Le fichier PDF de 35 pages publié par Buzzfeed sur Trump n’est pas un rapport du renseignement. Le style, les faits et les données ne sont pas crédibles». Tel est le verdict de WikiLeaks quant au «dossier» sur le président élu Donald Trump publié par le site d’information Buzzfeed.

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