Le renseignement américain remet un rapport « apocalyptique » à Donald Trump

L’administration du président élu Donald Trump devra faire face à un risque croissant de conflits internationaux et un recul des valeurs démocratiques sans précédent depuis la Guerre froide, a prévenu le renseignement américain dans un rapport aux accents apocalyptiques publié lundi.

Les évolutions économiques et politique, le changement technologique, ainsi qu’une relative perte de leadership américain « laisse présager un avenir sombre et difficile », explique le rapport, publié lundi par le National Intelligence Council. « Les cinq prochaines années verront émerger des tensions dans et entre les pays », poursuit le rapport intitulé « Tendances globales: paradoxe du progrès ». « Pour le meilleur ou pour le pire, le paysage mondial qui émerge pousse à sa fin une ère de domination américaine, après la Guerre froide ».

Le National Intelligence Council, groupe de recherche placé sous l’autorité du Bureau du directeur du renseignement national (DNI) qui coordonne 17 agences de renseignement, émet ce type de rapport tous les 4 ans, soit la durée du mandat présidentiel américain.

Les populismes feront vaciller le modèle libéral dans le monde

Il offre cette année une vision presque apocalyptique des défis auxquels la prochaine administration devra faire face: extrêmes disparités des revenus, mouvements démographiques, impact du réchauffement climatique, intensification des conflits. « Cela sera bien plus difficile de mener une coopération internationale et de gouverner comme le public l’attend », craignent les auteurs.

Quant au modèle de libéralisme qui prévaut dans le monde occidental, estime le rapport, il se trouve sous la menace du populisme à travers le monde, qu’il soit de droite ou de gauche. « Les peuples réclameront aux gouvernements de leur assurer sécurité et prospérité, mais des revenus stagnants, la défiance, la polarisation et une liste de défis naissants freineront leur performance », résume encore le rapport.

Le président élu, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, héritera de quelques dossiers brûlants, notamment le conflit en Syrie et la lutte contre les groupes extrémistes. « Cela sera tentant d’imposer l’ordre dans ce chaos apparent », mettent en garde les auteurs du rapport. « Mais cela serait trop coûteux sur le court terme, et (cette stratégie) échouerait sur le long terme ».

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