« Flakka » : la drogue qui rend fou… et cannibale

La flakka semble être à l’origine d’un nouveau fait-divers particulièrement glaçant aux Etats-Unis. Cette drogue bon marché qui vient de Chine est déjà à l’origine de plusieurs morts mais continue de séduire.

Les policiers de Tequesta (Floride) ont dû faire face à un double homicide particulièrement violent. Lorsque les forces de l’ordre sont arrivées sur place après un appel, lundi 15 août au soir, un jeune homme était en train d’arracher des morceaux du visage de l’une de ses victimes avec les dents.

Austin Harrouff est soupçonné d’avoir tué un couple, John Stevens, 59 ans, et sa femme Michelle Mishcon, 53 ans, en les poignardant avant de s’acharner sur eux. Un voisin qui a assisté à la scène a tenté de leur venir en aide mais il a été poignardé à son tour. L’homme a réussi malgré tout à s’échapper et a pu appeler les secours.

Les policiers du comté de Martin rapportent qu’il a fallu l’intervention de plusieurs hommes, chiens et l’utilisation d’un pistolet paralysant pour que l’agresseur arrête de s’acharner sur sa victime. « Le suspect dans cette affaire était anormalement fort », a expliqué le shérif William Snyder. Il indique également que cet étudiant à l’université d’Etat de Florida n’avait pas d’antécédent de violence signalé. Aucun lien n’a été relevé entre le jeune homme et ses victimes.

La police soupçonne l’influence de la flakka

Pour William Snyder, cette agression « déconcertante et inexplicable » est sans doute liée à la consommation de flakka. Cette drogue de synthèse bon marché provoque des problèmes cardiaques et génère également une forte agressivité et une paranoïa qui peuvent dégénérer en psychose. La prise de flakka par le jeune homme suspecté du double homicide n’a pas encore été prouvée mais des analyses de sang ont déjà écarté la présence d’héroïne et de cocaïne. Le shérif a ainsi affirmé :

« Je ne vais pas faire de spéculation sauf à dire que nous savons dans notre boulot que les personnes sous l’emprise de la flakka ont ce type de comportement dans lequel elles attaquent leur victime et mordent et arrachent des morceaux de chair. »

Un officier du département des enquêtes spéciales montre une saisie de flakka, le 18 juin 2015 à Fort Lauderlale, Floride. (Diego URDANETA/AFP)

Une « folie à 5 dollars »

La flakka est aussi appelée « folie à 5 dollars » en raison du prix de la dose. Cette drogue est fabriquée en Chine puis importée sous une forme de granules translucides ressemblant à des sels de bain. L’alpha-PVP, son nom chimique originel, est vendu sur internet et dans les rues. Sa popularité, montée en flèche en 2015, s’explique par son faible prix, quinze fois moins chère que la cocaïne, et ses effets puissants.

James Hall, épidémiologiste de la Nova Southeastern University, explique ainsi : « C’est une substance extrêmement toxique, qui peut avoir été intentionnellement conçue pour que ses effets durent plus longtemps et pour être plus addictive, parce que c’est bien pour les ventes ». Muriel Grégoire, psychiatre-addictologue, précise au « Figaro » les raisons de la popularité de cette drogue :

« Elle est souvent utilisée dans les milieux festifs, gays, pour une consommation en même temps que le sexe. Cette drogue a tendance à libérer les instincts. Elle peut parfois provoquer des états délirants amenant à un passage à l’acte. »

Des dizaines de morts causées par la flakka ont été relevés au court de l’année 2015 aux Etats-Unis et les faits divers se sont multipliés. Un homme a, par exemple, couru tout nu dans son quartier car il pensait qu’une meute de bergers allemands le poursuivait. Une personne s’est empalée sur la grille du poste de police de Fort Lauderlale en essayant de l’escalader quelques jours après qu’un autre homme a donné des coups de pieds dans la porte de ce poste pour échapper à un agresseur imaginaire. Dans la même ville, la police a dû abattre un homme armé d’un couteau qui retenait une femme en otage sous l’emprise de la flakka.

Les populations les plus exposées à cette drogue fortement addictive sont les personnes à faibles revenus et les sans domicile fixe, attirés par son bas prix. La police essaye depuis son apparition de couper les routes d’approvisionnement mais elle sait qu’une fois le phénomène endigué, cette drogue sera remplacée par une autre. A. D. Wright, responsable du bureau de Miami de l’Agence de contrôle des stupéfiants (DEA) ne se faisait guère d’illusions en juin 2015 :

« L’an dernier, c’était le molly [surnom de la MDMA]. Aujourd’hui, c’est la flakka, et qui sait quel sera le nom demain. »

Source

Un commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*