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Le Brexit fait chuter bourses et grandes fortunes

Le résultat du Brexit a déclenché la chute du cabinet Cameron. Mais le premier ministre britannique n’est pas le seul à avoir connu ce destin: la livre sterling, les marchés financiers du monde entier, et, par corollaire, les plus grandes fortunes de la planète ont dégringolé dans les heures qui ont suivi le verdict des urnes au Royaume-Uni.

Alors que les dernières enquêtes d’opinion laissaient penser que les électeurs allaient rejeter le Brexit, la livre sterling était remontée au-dessus de la barre des 1,45$ pour 1£ et de 1,30€ pour 1£. Mais lorsque le résultat d’une sortie de l’Union Européenne a été connu, la livre a brutalement chuté, plongeant en quelques heures sous les 1,38 face au dollar, et sous les 1,24 face à l’euro.

 

Pourtant, les dégâts ont été (relativement) limités: les marchés des changes et leurs acteurs avaient anticipé le risque d’un vote britannique en faveur du Brexit depuis plusieurs mois, notamment lors de la montée en puissance des intentions de vote hostiles à l’UE dans les enquêtes d’opinion en mai et juin.

Mais il n’y a pas que les devises (et surtout la livre) qui ont été impactées par le résultat du vote. Sur la seule journée de vendredi, au lendemain du résultat du scrutin, les bourses du monde entier ont enregistré des pertes cumulées de 2’146 milliards de dollars, soit la plus forte baisse depuis 2007 et la crise des Subprimes, pour s’établir à 35’498 milliards de dollars. Parmi les plus forts reculs, les marchés américains ont perdu 830 milliards (dont 657 milliards sur les valeurs du S&P500). Ainsi que le soulignent plusieurs experts interrogés par le Financial Times, ce sont surtout les incertitudes et les questions qui ont fait plonger les marchés, ayant réagi dans l’immédiat. «Comment cela va-t-il toucher la croissance mondiale? Quel sera l’impact sur la confiance des investisseurs? Quels seront les implications du Brexit sur la sacro-sainte irréversibilité de la construction de l’UE?», interroge ainsi Katie Nixon, responsable de la division investissement chez Northern Trust Wealth Management.

Des indices de bourses toujours à la baisse

Pendant le week-end, de nombreux observateurs s’attendaient à une reprise sur les marchés pour la séance de lundi, avec une légère correction à la hausse du choc à la baisse de fin de semaine. Or, la tendance reste à la baisse: le FTSE de Londres reculait de 2,91% lundi matin, suivi par l’indice Dax à Francfort (-0,34%), le CAC40 à Paris (-1,18%), le SMI à Zurich (-0,33%). Les marchés sont notamment tirés à la baisse par les valeurs bancaires, qui souffrent le plus: RBS perd 10,86%, Barclays 7,8% et Bank of Ireland 7,91%, tandis que les établissements continentaux perdent eux aussi des plumes, en France et en Allemagne. Sur ce créneau, les deux champions suisses que sont UBS et Credit Suisse, tirent leur épingle du jeu en gagnant respectivement 1,45% et 1,54% lundi matin.

Cette chute des marchés financiers n’est pas sans impact pour les valorisation des grandes fortunes de ce monde. Selon Bloomberg, le total des montants détenus par les 400 personnes les plus riches au monde a chuté brutalement vendredi de 127 milliards de dollars, soit 3,2% du montant global cumulé de leurs avoirs estimés à près de 3900 milliards de dollars.

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Sans surprise, ce sont les grandes fortunes européennes qui ont le plus durement été touchées, leurs avoirs étant souvent davantage liés à l’économie du vieux continent que leurs homologues américains ou asiatiques. En tête de liste figure Amancio Ortega: l’Espagnol, personne la plus riche du continent, a vu sa fortune reculer de 6 milliards de dollars en quelques heures. Les très riches britanniques ne sont pas épargnés, à l’image de Gerald Cavendish Grosvenor, première fortune du Royaume-Uni, qui aurait perdu plus d’un milliard de dollars suite au scrutin. Mais ses pertes représentent à elles seules 20% de celles des 15 personnes les plus riches du pays, qui ont vu le cumul de leurs fortunes baisser de cinq milliards de dollars.

Hors d’Europe, la chute globale des bourses mondiales n’a pas épargné les autres grandes fortunes: Bill Gates et Jeff Bezos font partie des neuf autres personnes (en plus d’Amancio Ortega) à avoir enregistré des baisses de plus d’un milliard de dollars de leurs capitaux en quelques heures en fin de semaine.

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