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Portable et cancer : une nouvelle étude sème le doute

Les téléphones portables émettent des radiofréquences qui sont absorbées par les tissus proches du téléphone. Ces « ondes électromagnétiques » sont-elles dangereuses ? Le sujet fait débat. Des études ont déjà suggéré un lien entre téléphone portable et cancer ; en 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé les radiofréquences émises par les portables comme « potentiellement cancérogènes pour les humains ».

Cependant, la question reste controversée car d’autres études ont aussi conclu à l’absence d’augmentation des cancers humains liée à l’utilisation du portable. Une étude australienne récente a ainsi innocenté le téléphone portable car elle n’a pas trouvé d’augmentation des cas de cancers du cerveau en parallèle de l’expansion des téléphones portables.

Dans ce contexte, voici donc une nouvelle recherche menée par des scientifiques de l’administration américaine du National Toxicology Program. Ils ont testé les effets de radiofréquences sur des rats de laboratoire exposés à des radiations comparables à celles de téléphones portables. Chaque jour, in utero, puis au cours de leur vie, les rats ont été exposés à 10 mn de radiofréquences, suivies de 10 mn sans, avec une exposition quotidienne de 9 h par jour.

Les chercheurs ont testé deux types de radiofréquences (GSM et CDMA), à trois niveaux différents : 1,5 ; 3 et 6 W par kg. Par comparaison, les normes américaines limitent les téléphones portables à 1,6 W par kg. Il faut noter que les expositions ont été réalisées sur l’ensemble du corps des animaux, ce qui est différent d’une exposition à partir d’un téléphone portable tenu près d’une petite zone de la tête.

Plus de cancers du cerveau et du cœur chez les mâles

Pour deux types de cancers, l’étude a trouvé des taux de 2 à 3 % chez les rats mâles : il s’agissait des gliomes dans le cerveau et des schwannomes dans le cœur. Il n’y avait toutefois pas d’augmentation chez les rats femelles. Pour John Bucher, directeur associé du National Toxicology Program, « dans l’ensemble, nous estimons que les tumeurs sont susceptibles d’être liées à l’exposition ».

L’étude est toujours en cours mais les chercheurs ont voulu annoncer leurs conclusions dans un premier rapport avec des résultats partiels en raison de la large utilisation des téléphones portables. Les auteurs écrivent que « compte tenu de l’utilisation généralisée mondiale des communications mobiles chez les utilisateurs de tous les âges, même une très légère augmentation de l’incidence des maladies résultant de l’exposition aux radiofréquences pourrait avoir de larges implications pour la santé publique ».

L’article suscite de nombreuses interrogations. Tout d’abord, concernant les radiations utilisées, la correspondance avec les doses humaines n’est pas très claire. De plus, différents experts ont relu l’article. L’un d’eux, Michael Lauer, du National Institutes of Health (NIH), se montre sceptique sur les résultats. Plusieurs points posent problème : les rats exposés aux radiofréquences vivaient plus longtemps et les rats témoins ne développaient pas du tout de tumeurs cérébrales. Les chercheurs expliquent que d’autres études sont encore nécessaires. Une affaire à suivre donc…

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