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Une guerre entre les Etats-Unis et la Chine est-elle inévitable ?

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La Chine est la maintenant la 1ère économie mondiale, mais sa relation est déséquilibrée avec les USA. Si les deux pays peuvent apparaître comme interdépendants en raison de l’importance des exportations chinoises vers les USA, en réalité la Chine a acquis une certaine domination.

–    le commerce américain est très largement déficitaire par rapport à la Chine. Selon l’Institut de politique économique, un think tank américain, la Chine compte pour 83% du déficit commercial des Etats-Unis (hors produits pétroliers), contre 26% en 2000.
–          la Chine est le premier créancier des Etats-Unis. Elle est la principale détentrice mondiale de bons du Trésor américain, obligations d’Etat sur lesquels les Etats-Unis s’appuient pour financer leur dette faramineuse : elle pourrait friser les 12.000 milliards de dollars en 2009. Pékin pourrait dès lors déclencher une véritable catastrophe en vendant soudainement ces obligations ou en cessant d’en acheter. C’est toutefois très improbable, soulignent la plupart des économistes, la Chine ayant besoin de partenaires commerciaux pour alimenter sa propre expansion.

2- La Chine espionne de plus en plus les Etats-Unis
La Chine espionne de plus en plus les Etats-Unis, forte de progrès dans la cyber-guerre et le recrutement de ses agents, affirme un rapport dévoilé jeudi par une commission du Congrès américain.
La Chine change la manière dont se pratique l’espionnage », a assuré la présidente de la commission économique et de sécurité sino-américaine, Carolyn Bartholomew.

Le rapport note une forte augmentation des cyber-attaques chinoises visant à infiltrer ou perturber des sites du gouvernement américain ou de personnalités que la Chine considère comme ses ennemis, comme le dalaï lama.
Le colonel Gary McAlum, un haut responsable militaire américain, a indiqué à la commission que le Pentagone avait connu 54.640 incidents liés à des cyber-attaques en 2008, soit une augmentation de 20% par rapport à 2007, et que la progression pourrait atteindre 60% cette année.

Si ces attaques proviennent du monde entier, la Chine en est le principal responsable, selon la commission. Le rapport affirme également que les autorités de Pékin seraient prêtes à déployer une armée de pirates informatiques chinois en cas de conflit.
Selon la commission, la Chine est le pays le plus agressif en termes d’espionnage vis-à-vis des Etats-Unis et Pékin tente de recruter de plus en plus d’espions américains.

Le rapport souligne que les pratiques de recrutement ont changé. Alors que la Chine cherchait auparavant à enrôler des Américano-chinois, croyant, souvent à tort, qu’ils se montreraient sensibles à leur cause, les autorités chinoises cherchent désormais à payer leurs informateurs, sur le modèle soviétique.
Les Chinois auraient également recours à des ruses (« false flag ») pour obtenir des renseignements en faisant croire à des informateurs qu’ils travaillent pour quelqu’un d’autre.

Un rapport indépendant publié le 22 octobre estimait que la Chine est en train de développer ses capacités de guerre informatique avec des moyens sophistiqués de collecte des données américaines sensibles, et des possibilités de frappes ciblées à distance.
Le rapport diffusé par une commission consultative du Congrès suggère qu’il existe des liens entre les hackers chinois et le gouvernement de Pékin, sans pouvoir le démontrer clairement.

Pékin parait donner la priorité à ce type de guerre informatique pour gagner de futurs conflits, en perturbant les moyens informatiques du Pentagone, les moyens de communication américains, et en modifiant des données cryptées. L’Armée populaire de libération a des unités de ce type, d’après le département d’Etat américain.

Fin mars, la Chine avait qualifié de « mensonge » l’étude publiée quelques jours auparavant par des chercheurs canadiens, qui avaient découvert un réseau de cyber-espionnage international, largement basé en Chine, contre des milliers d’ordinateurs de gouvernements et d’organisations privées dans 103 pays. Au moins 1.295 ordinateurs auraient été piratés, ponctuellement ou régulièrement, dont ceux du dalaï lama.

Le réseau, baptisé « GhostNet » par ses découvreurs, opère principalement depuis la Chine, d’après les travaux menés de juin 2008 à mars 2009 par l’Information Warfare Monitor (IWM), un groupe de recherche sur Internet. Mais ces travaux ne permettent pas d’établir l’identité ou les motivations des pirates, qui prennent le contrôle des ordinateurs pour voler ou envoyer des données.

3- Lors de la visite d’Obama, les USA sont apparus faibles
Le président US Barack Obama a estimé mercredi que les relations avec la Chine se sont approfondies sur les questions du climat, de la sécurité et autres sujets internationaux, au-delà des tensions économiques et commerciales entre les deux pays.
Barack Obama, qui achève sa première visite en Chine, s’est déclaré déterminé à renforcer ce partenariat vital. Pour sa part, Wen Jiabao a jugé que la visite du président Obama avait engagé les relations sino-américaines sur une meilleure voie : « nous sommes vraiment à un tournant », a-t-il déclaré.

Cependant les désaccords demeurent entre les deux pays et la Chine est apparue en position de force.
Aucun accord important n’a été annoncé. Et sur la moitié des dossiers évoqués, le communiqué conjoint a montré que les Etats-Unis et la Chine divergeaient toujours, à l’heure même où, selon M. Obama, « la relation sino-américaine n’a jamais été aussi importante pour l’avenir de la planète ».
« Maintenant la Chine est dans une position de force : elle a obtenu des concessions américaines sans bouger d’un iota », estime Jean-Pierre Cabestan, à la Hong Kong Baptist university, « c’est un succès ».

a- Désaccords commerciaux
Le niveau actuel du yuan, la monnaie chinoise, que Washington juge trop bas, reste un sujet de friction, et Pékin continue de s’offusquer des mesures anti-dumping prises contre les produits chinois entrant aux Etats-Unis.
Pékin n’a rien lâché sur le yuan, alors même que le patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, à Pékin en même temps que M. Obama, appelait à une réévaluation du renminbi accusé de favoriser indûment les exportations chinoises.

b- Désaccords politiques
Le président de la première puissance mondiale a d’emblée flatté la Chine en l’intronisant nouvelle autre superpuissance, et fait un geste sur deux sujets non négociables pour Pékin : Taïwan (reconnaissance de la « politique d’une seule Chine ») et Tibet (« partie intégrante du territoire chinois »), pour accommoder ses hôtes. Mais il n’a obtenu en retour aucun geste de Pékin, en tout cas public.

La Chine et Taiwan sont séparés de fait depuis l’avènement au pouvoir sur le continent des communistes en 1949, mais la Chine répète depuis lors son intention de ramener l’île dans son giron, par la force au besoin.
Quant au Tibet, si M. Obama a osé réclamer la reprise d’un dialogue –jusqu’ici d’ailleurs parfaitement stérile– entre le dalaï lama et Pékin, Hu n’a pas daigné lui répondre.
Obama a aussi dit que les droits de l’homme devaient être respectés pour toutes les minorités de Chine.

Le chef de la Maison blanche, qui a reçu le prix Nobel de la paix cette année, fait l’objet de critiques de la part d’associations de défense des droits de l’homme, qui le soupçonnent de ne pas vouloir placer les questions du Tibet, du Xinjiang et des libertés fondamentales au premier rang des priorités vis-à vis de la Chine.
Il avait refusé de rencontrer le chef spirituel des Tibétains lors de sa visite à Washington le mois dernier mais le dalaï-lama a apaisé la polémique en faisant savoir qu’une rencontre était prévue après la visite d’Obama en Chine.

c- Sur le nucléaire iranien
Hu Jintao a rappelé que la Chine préférait la négociation alors qu’Obama menaçait Téhéran de « conséquences » en cas de blocage.

4- La Chine est une grande puissance militaire
a- Pour ses 60 ans, la Chine communiste a étalé sa puissance militaire
La Chine communiste, devenue une puissance mondiale, a célébré le 1er octobre les 60 ans de sa fondation par Mao Zedong par une impressionnante démonstration de force et de patriotisme : des dizaines de milliers de soldats et de civils ont défilé place Tiananmen à Pékin, tandis que l’armée faisait étalage de ses chars, hélicoptères, chasseurs et autres avions radars.

Pendant deux heures et demie, les festivités calibrées au millimètre ont mis en avant à la fois la filiation avec la Chine des pères fondateurs communistes et l’entrée dans la modernité avec l’ascension au rang de puissance économique mondiale, ce que le président chinois Hu Jintao a qualifié de « grand rajeunissement de la nation chinoise ».

Pour cette parade militaire présentée comme la plus grosse présentation d’armement de l’histoire du pays, plus de 100 appareils ont survolé Pékin en formation : hélicoptères, avions radars et avions de chasse de fabrication chinoise. Parmi les autres matériels high-tech, les spécialistes ont pu apprécier les nouveaux drones aériens sans pilote, des véhicules de combat amphibie et des missiles de croisière terre-mer DH-10 dernier cri.

La plus grande armée au monde a montré — pour la première fois au public — de nouveaux armements, comme des missiles balistiques intercontinentaux capables, selon les experts, de frapper les Etats-Unis.
Le régime organise tous les dix ans de grandes festivités pour célébrer sa fondation, mais cette année, elles ont été les plus fastueuses jamais vues.
En ces temps de crise économique et de tensions intérieures, avec notamment les récentes émeutes meurtières au Xinjiang (nord-ouest) ou celles du Tibet l’année dernière, la Chine a surtout voulu afficher son unité et sa force.

b- Forte augmentation du budget militaire
Selon le rapport annuel de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri), publié en juin, la Chine, 3e économie de la planète pour ses armées, a quasiment triplé son budget militaire depuis dix ans et arrive n° 2 en termes de dépenses militaires avec 6% du total mondial en 2008.
Pékin compte faire croître son budget militaire de 14,9% cette année, après une hausse de 17,6% en 2008, mais assure que ses intentions sont purement défensives.
La Chine est ainsi devenue le 2e acheteur d’armes de la planète, derrière les Etats-Unis et devant la France pour l’année 2008.

Les dépenses, qui représentent 6,3% du budget total du pays, iront principalement à l’amélioration du niveau de vie des soldats et à la modernisation de la plus grande armée du monde (2,3 millions d’hommes).
Les ambitions militaires chinoises suscitent des inquiétudes à l’étranger, notamment aux Etats-Unis qui ont à plusieurs reprises accusé la Chine de manquer de transparence dans ce domaine.
De plus certains experts estiment que le chiffre officiel chinois ne reflète pas la réalité. Selon des experts internationaux, les dépenses réelles de la Chine pourraient être trois fois supérieures à celles annoncées.

Cependant, les Chinois ont l’habitude de répliquer en mettant en avant le chiffre des dépenses militaires américaines.
Les Etats-Unis restent de très loin à la première place, avec des dépenses ayant augmenté de 9,7% en 2008, pour atteindre 607 milliards de dollars. Washington est à l’origine de près de 42% des transferts d’armements de la planète.
Le budget défense américain représente plus de 40% de l’ensemble des dépenses militaires mondiales.

Il y a un an, le général Bruce Wright, patron des forces US au Japon, lançait un cri d’alarme : désormais, plus aucun avion ne peut pénétrer les défenses aériennes chinoises, à l’exception de la dernière génération de chasseurs américains. Dans un entretien à l’Associated Press, il constatait que la guerre en Irak absorbe des fonds militaires qui pourraient être consacrés à la modernisation de la flotte aérienne américaine. Et parallèlement, les efforts de la Chine pour moderniser ses équipements militaires sont déconcertants. Engagée dans aucun conflit à travers le monde, elle peut consacrer l’essentiel de son budget militaire à renforcer ses capacités.

c- Modernisation de l’armée de terre
La Chine prévoit de réduire les effectifs de son armée de terre de 700.000 hommes au cours des deux à trois prochaines années dans le cadre de la modernisation de sa défense, a-t-on appris fin septembre de deux sources proches de l’armée.
L’Armée populaire de libération compte aussi renforcer le personnel de sa marine et de son armée de l’air avec l’objectif de se transformer en une force plus réduite s’appuyant sur la haute technologie, rapportent ces deux sources qui ont requis l’anonymat.

La réduction des forces terrestres et l’augmentation des forces navales et aériennes aboutiront à une réduction globale des effectifs de l’APL, actuellement de 2,3 millions d’hommes. Mais on ignore le solde définitif et il pourrait y avoir d’autres modifications des effectifs.
La Chine a déjà réduit le nombre de ses soldats ces dernières années pour affecter l’argent ainsi économisé à d’autres postes, comme la formation ou l’armement. La marine envisage par exemple la construction d’un porte-avions.

Aucune des deux sources interrogées n’a su dire quand ces décisions seraient annoncées. Elles doivent encore être approuvées par la commission militaire centrale du Parti communiste, dirigée par le chef du Parti et président Hu Jintao.
Les forces armées chinoises sont bien plus nombreuses que la deuxième plus grande armée du monde, celle des Etats-Unis, dont les effectifs atteignent environ 1,5 million d’hommes.

5- Quelles relations militaires entre Chine et USA ?
a- Il faut réduire les tensions
En mars, les Etats-Unis et la Chine ont exprimé leur volonté de réduire les tensions et d’éviter de nouvelles confrontations navales : un vaisseau chinois s’était livré à des manœuvres d’intimidation sur un navire de l’armée US en mer de Chine du sud, que Pékin considère comme son territoire. L’administration Obama avait ensuite assuré qu’elle y poursuivrait ses opérations navales.
Le navire américain en question faisait des relevés des fonds marins pour les sous-marins de l’US Navy, tandis que les bâtiments chinois, qui ressemblaient à des bateaux de pêche, n’avaient pas de signe militaire apparent.

Fin février, la Chine et les Etats-Unis avaient convenu de reprendre des échanges militaires à haut niveau. Le dialogue militaire, lancé en 1997, avait été suspendu par la Chine l’an dernier pour protester contre un projet de vente de 6,5 milliards de dollars d’armement de Washington à Taïwan, projet qui va se poursuivre. La Chine a appelé les Etats-Unis à « prendre des mesures concrètes » pour améliorer les relations militaires, estimant que celles-ci traversaient encore une « période difficile ».
Le contrat annoncé prévoit la livraison à Taïwan d’armes sophistiquées, dont des missiles téléguidés et des hélicoptères d’attaque. Pour la Chine, qui considère Taïwan comme une province sécessionniste, cette vente d’armes américaines constitue une ingérence intolérable.

b- La Chine grandit en Amérique latine
L’Iran, la Chine et la Russie, qui sont alliées, opèrent des avancées inquiétantes en Amérique latine, notamment au Venezuela et en Bolivie, avec lequels ils ont aussi conclu des alliances.
Ils ouvrent d’importantes ambassades et nouent des liens économiques et politiques étroits avec certains dirigeants opposés aux USA.
Du coup, l’administration Obama s’efforce d’améliorer ses relations avec les pays d’Amérique latine, notamment avec le Venezuela et la Bolivie.

c- Une femme accusée d’exportation illégale de technologies vers la Chine aux USA
Mi-février, une femme a été arrêtée aux Etats-Unis pour avoir envoyé en Chine des dispositifs de contrôle miniaturisés permettant de guider des drones.
Le gouvernement a précisé que ces systèmes de contrôle sont les plus petits existants au monde, et contiennent des éléments technologiques que les Etats-Unis ne veulent pas partager avec la Chine, pour des raisons de sécurité nationale.
Yaming Nina Qi Hanson, de Siver Spring, dans le Maryland, est accusée d’avoir envoyé de tels produits sous embargo vers la Chine en août 2008, sans autorisation. Elle risque 20 ans de réclusion et un million de dollars d’amende.

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1 thought on “Une guerre entre les Etats-Unis et la Chine est-elle inévitable ?”

  1. si la guerre entre les usa et la chine alliée traditionnelle dela russie éclate,ça serait une catastrophe mondiale et àtous les niveaux.il faut voir l’avancement dela technologie et leurs implications partout et dans tout au monde.mais cette guerre est inévitable vu le non respect des accords dans differents domaines,et l’envi des pays à dominer alorsque d’autres émergent àla vitesse de croisière.il faut un cadre qui va faire asseoir tous et surtout pour des interets économiques et divers.

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