politique

La Russie vole au secours du régime syrien en péril

image

Soutien militaire Moscou renforce sa présence au sol, selon des indices toutefois démentis par Sergueï Lavrov

Serait-ce un tournant? La Russie semble renforcer en Syrie sa présence militaire, à en croire des officiels aux Etats-Unis, mais aussi des observateurs libanais ou encore des sources militaires syriennes. Une évolution formellement démentie à Moscou par le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, lequel assurait jeudi qu’aucune «mesure supplémentaire» n’a été décidée au Kremlin. Mis à part la base navale russe à Tartous, il n’y aurait en Syrie que des experts militaires qui «aident l’armée syrienne à apprendre à utiliser nos armes».

A voir. Des responsables étasuniens ont confié ces derniers jours à Reuters et à l’Agence France Presse qu’ils ont pu observer une dizaine de véhicules blindés de transport de troupes et des dizaines de soldats russes dans la province de Lattaquié, sur cette côte où vivent nombre de coreligionnaires alaouites du président Bachar el-Assad. Des troupes, donc, pas quelques instructeurs. Par ailleurs, de nouveaux bâtiments préfabriqués près de l’aéroport Bassel el-Assad pourraient à l’avenir servir de logement à des centaines de militaires. Enfin, l’arrivée de deux avions cargos géants Antonov 124 Condor et d’un avion de transport de passagers suggère la construction d’une «base aérienne avancée».

Ce n’est pas tout. Blog spécialisé dans l’aéronautique, The Avionist est troublé par des photos d’avions de chasse (tel le bombardier tactique Soukhoï SU-34) et de drones russes (Pchela 1T) qui auraient été prises au nord de la Syrie. En outre, une vidéo diffusée par les forces loyales au régime d’Assad montre un blindé BTR 82A, c’est-à-dire un modèle très récent de ce véhicule, peint aux couleurs camouflage de l’armée russe… sans la moindre indication en arabe.

Les Etats-Unis, inquiets, ont appelé la Grèce – et probablement aussi la Bulgarie – à interdire le survol de son territoire par des avions russes prétendument «humanitaires». Des pressions dénoncées par Moscou, même si Lavrov a fini par concéder jeudi que les appareils transportaient aussi des armes…

Bref, tout un faisceau d’indices semble indiquer que la Russie renforce bel et bien sa présence dans les zones encore contrôlées par les militaires syriens ou par leurs alliés: miliciens loyalistes ou combattants chiites du Hezbollah libanais. Un engagement de Moscou qui intervient alors que le régime est en difficulté, son armée essuyant défaite sur défaite. Dernière en date: la perte, mercredi, de l’aéroport d’Idlib, signifiant que toute la province échappe désormais au contrôle du gouvernement.

La Russie semble avoir décidé de jouer un rôle plus actif sur le terrain, sans doute pour éviter un effondrement du régime. C’est d’ailleurs aussi la grande crainte des puissances occidentales, qui ne veulent surtout pas voir le groupe Etat islamique (Daech) ou les rebelles islamistes liés à Al-Qaida prendre le pouvoir en Syrie. Les plus optimistes espèrent que Moscou utilisera ses forces, le moment venu, pour «inviter» Bachar el-Assad à se retirer et ainsi permettre une sortie de crise… qui ménage les intérêts russes.

source

Copyright © 2015 Le Pouvoir Mondial

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close