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Indonésie : l’exécution de Serge Atlaoui retardée

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Le Français ne figure pas sur la prochaine liste des condamnés à exécuter. 

Le Français, Serge Atlaoui, condamné à mort en Tunisie, ne figure pas sur la prochaine des exécutions, a fait savoir samedi 25 avril le Parquet général de Jakarta, confirmant une information de de BFMTV et de l’AFP. Aucune explication n’a été donnée. Interrogé par l’AFP qui lui demandait si le Français allait être exécuté avec les autres étrangers, parmi lesquels deux Australiens et une Philippine, le porte-parole du parquet, Tony Spontana a répondu simplement : « non ».

Serge Atlaoui figure parmi neuf autres étrangers condamnés à mort, récemment. Mais, contrairement aux autres représentations diplomatiques en Indonésie -d’Australie, du Brésil, des Philippines et du Nigeria-, l’ambassade de France à Jakarta a confirmé samedi à l’AFP n’avoir reçu aucune convocation pour se rendre à la prison de Nusakambangan, où sont incarcérés les neuf détenus étrangers, afin d’assister à des réunions pour évoquer la préparation des prochaines exécutions.
Procédure en cours

Interrogé par l’AFP sur l’absence de convocation pour la France, un porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, Armanatha Nasir, a évoqué une procédure en cours devant le tribunal administratif de Jakarta. « La procédure n’est pas encore terminée, voilà la raison », a-t-il dit.

L’avocate indonésienne d’Atlaoui, âgé de 51 ans, avait saisi le tribunal administratif de Jakarta pour contester l’absence de motivation dans la décision du président indonésien Joko Widodo, qui a rejeté la demande de grâce d’Atlaoui. Aucune date d’audience n’a été fixée à ce jour.

Atlaoui pas encore transféré à l’isolement

Les convocations de courtoisie diplomatiques adressées par les autorités indonésiennes aux ambassades étrangères ne sont pas obligatoires, mais d’autres éléments indiquaient que le Français ne figurait pas sur la prochaine liste des condamnés à exécuter, après celle de janvier (six condamnés dont cinq étrangers fusillés), alors que d’autres sont envisagées par la suite.

Ainsi, dans la nuit de vendredi à samedi, les détenus en attente d’une exécution imminente ont été transférés dans des cellules d’isolement, comme le prévoit la législation, à l’exception d’Atlaoui.

Atlaoui, « inquiet mais combatif »

Serge Atlaoui est « inquiet mais combatif », a déclaré à l’AFP après cette annonce le porte-parole du Quai d’Orsay Romain Nadal.

« Notre ambassade a eu Serge au téléphone à 8 heures du matin heure indonésienne (3 heures heure française). « Nous allons intensifier notre mobilisation dans un cadre bilatéral, européen et multilatéral. Nous ne renonçons pas à obtenir la non exécution de Serge Atlaoui », a souligné Romain Nadal. Le ministre des Affaires étrangères « Laurent Fabius a longuement parlé au téléphone avec Sabine Atlaoui », l’épouse du condamné, a aussi indiqué le quai d’Orsay sans préciser quand cet échange a eu lieu.

Menace diplomatiques

Le président français François Hollande a prévenu qu’il y aurait des conséquences « diplomatiques » dans les relations entre la France et l’Europe, d’une part, et l’Indonésie, de l’autre, en cas d’exécution de Serge Atlaoui.

S’il est exécuté, il y aura des conséquences avec la France et l’Europe parce qu’on ne peut pas accepter ce type d’exécutions », a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’une brève visite à Bakou, précisant que ces conséquences seraient essentiellement « diplomatiques ».

« A tout le moins, nous rappellerons notre ambassadeur » à Jakarta, a-t-il poursuivi, évoquant aussi la possible « suspension de discussions » autour de coopérations envisagées lors d’une rencontre avec le président indonésien Joko Widodo lors du G20 de Brisbane (Australie) en novembre. François Hollande a précisé que lui-même ne se rendrait pas en Indonésie « avant quelque temps ».

« Nous agissons avec les pays concernés, l’Australie et le Brésil, pour multiplier les démarches et faire en sorte qu’il n’y ait pas d’exécution », a-t-il indiqué, ajoutant qu’il recevrait lundi le Premier ministre australien, Tony Abbott.

François Hollande s’est également dit prêt à recevoir l’épouse du condamné à mort « si elle le demande ».

« Nous comprenons que l’Indonésie veuille lutter contre le trafic de drogue mais, en l’occurrence, Serge Atlaoui a été un opérateur d’un laboratoire dont il n’imaginait pas qu’il puisse fabriquer cette marchandise » et qu’il « n’avait pas de passé judiciaire », a souligné le chef de l’Etat français.

En France, des rassemblements de soutien à Serge Atlaoui, à l’initiative de l’association Ensemble contre la peine de mort en partenariat avec 19 autres ONG, sont prévus à Paris et Metz, ville du nord-est d’où est originaire le condamné.

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